Vivre sans ma maman – Témoignage de @vladroo

Depuis quelques semaines, je vous partage différents articles, différentes thématiques, divers sujets avec un fil conducteur : partager et échanger.

L’une des thématiques qui m’anime le plus, c’est de comprendre en quoi l’impact de la perte d’un parent peut affecter votre vie à jamais et lui donner un sens différent. Avant de retranscrire les témoignages d’amis ou connaissances. Je commence par partager ma propre expérience.

Si vous souhaitez me partager la vôtre, inspirez-vous de mon questionnement et cliquez-ici :
Quel âge avais-tu au moment de son décès ? Quel âge as-tu maintenant ?

J’avais 22 ans, le jour où la nouvelle est arrivée. J’en ai aujourd’hui 26 et dans quelques semaines 27. Bientôt 5 ans, et j’ai l’impression que c’était hier. Comme si mon esprit n’acceptait pas cette tragique décision de la vie.

Comment décrirais-tu cette épreuve, selon ton expérience personnelle ?

Avec du recul, j’arrive à trouver des choses positives à ce qui nous est arrivé à moi et à ma famille. J’ai pris énormément en maturité depuis cette date. J’ai grandi en accéléré, traité des sujets désagréables (choisir des choses pour elle, parler de succession, gérer des démarches administratives…). J’ai bien entendu des sentiments plus négatifs et des regrets mais j’essaie de les dissiper.

Gardes-tu au quotidien des objets qui te rappelant cette personne ?

Dès le début, j’ai gardé plusieurs objets. Au départ, je devais en avoir 3 ou 4. L’un d’eux devait toujours être sur moi.
Dans un premier temps, sa montre, un bracelet, un porte-clé, une photo sur mon portable.
Je me suis séparé de certains et j’en ai pris d’autres : un étui de stylo, une carte postale et surtout le dernier cadeau qu’elle m’a fait. Rien qu’en touchant l’un d’eux, je me remémore des souvenirs heureux et je m’encourage à poursuivre ce que je construis.

Aujourd’hui, qu’as-tu changé dans ta manière de vivre ?

Je n’ai pas changé radicalement ma manière de vivre, j’ai juste ajouté quelques principes :

1/ Est-ce qu’elle serait fière de ce que je fais ?
Si la réponse est non, alors je ne le fais pas.
2/ Prendre les choses moins au sérieux : Si je ne peux pas faire une tâche que je m’étais fixé dans un temps donné, je me contente de ce que j’ai réussi à faire. Je me dis souvent, il y a beaucoup plus grave que ce que je n’ai pas réussi à accomplir. Qu’il n’y a pas mort d’hommes, je dédramatise la situation.
3/ Est-ce que ce que je fais me rends plus heureux qu’avant ?
Si la réponse est non, alors j’arrête où je fais en sorte que cela contribue à améliorer mon moral.

Quelle est ta progression dans ta guérison ?
As-tu été pris en charge par le corps médical, quel type d’aide as-tu reçu ?

Je pense qu’il n’y a pas de processus de guérison, ce n’est pas une maladie d’avoir perdu sa mère. Il s’agit d’un manque qu’il faut combler. Et c’est toute la difficulté : comment le combler ? Il y a des jours où je crois avoir trouvé et quelques semaines après je répare à zéro.
Pour ma part, j’ai longtemps choisi de ne pas travailler avec le corps médical, c’est un choix personnel. Et je pense que c’est à chacun de faire son propre choix, en fonction de sa sensibilité.

Quelles sont les choses qui t’ont fait du bien, que recommandes-tu aux personnes atteintes ?

Ce que je recommande, c’est d’en parler avec détachement et de préférence avec des inconnus (car ils n’ont pas de jugement de valeur ou d’émotion face à la situation). Il faut prendre sur soi et canaliser ses émotions et faire sortir son mal-être et ses doutes.

As-tu une chanson, une citation où un lieu qui te rappelle forcément cette personne ?

J’ai des chansons, des lieux, des gens, des objets qui me rappelle ma mère et c’est grâce à ses petites émotions quotidiennes que je me souviens et que j’ai le sentiment de rester proche d’elle.

Cette chanson de Luz Casal – Piensa en mi

Un lieu en particulier :
Cadaqués est le village le plus oriental d’Espagne continentale situé dans la comarque de l’Alt Empordà dans la Province de Gérone en Catalogne.
Cadaqués : village d'Espagne

Une citation : Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
Alphonse de Lamartine

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