Un extrait de Sinoque, le livre de mon père

Si vous prenez du plaisir à lire Mes Réminiscences, je vous invite à découvrir le livre de mon père : Daniel Roybet : Sinoque, la rencontre de mes grands parents lors de la Seconde Guerre Mondiale

Je vous en partage un extrait :

1923

Mon père avait cinq ans. Comment pouvait-il prévoir qu’à l’autre bout du continent son avenir l’attendait ?

Il était bien trop occupé à se faire dorloter, choyer, aimer. Mais ce bonheur qu’on lui donnait, il faudrait bien un jour qu’il le rende. Ce sera chose faite.

1939-1942

Papa eut à peine le temps de graisser son fusil ; il fut rapidement capturé par les Allemands. Pourtant, il écoutait beaucoup la radio, si rassurante : l’armée française victorieuse sur tous les fronts… Après quarante-huit heures, il avait les bras en l’air, abandonnant graisse et fusil. Il savait cependant que ses chaussures allaient lui servir ainsi que tous les éléments indiquant sa nationalité française.

Il marcha, marcha et remarcha avec ses copains d’infortune dont la plupart avaient la peau mate, le fameux régiment « indigène ». […]

Ce qui protègea Marcel, c’était la couleur de sa peau et sa nationalité : car l’Allemand aimait Paris, les « Volies Bergères », les jolies petites femmes de Paris. Mais ce qui l’aida énormément, c’est d’avoir déjà pu côtoyer dans sa courte vie toutes les catégories sociales de la planète France : paysans, cordonniers, boulangers, charbonniers, limonadiers et surtout – sa profession préférée – marchand de vins et spiriteux. Marcel put donc mettre en pratique ses innombrables connaissances. […]

Ainsi, à vingt et un ans en Allemagne, mon père achevait-il son adolescence et préparait sa carrière d’homme, d’adulte. Jamais il ne chercha à s’évader car les Allemands, mis en confiance, lui laissèrent beaucoup de libertés. 

Pour lire la suite, c’est chez Decitre : http://www.decitre.fr/livres/sinoque-9782954311500.html