Pourquoi à 27 ans, j’ai déjà démissionné à 3 reprises pour recommencer à zéro ?

Dans le prolongement de l’article que j’ai partagé de Florie Vignon : Pourquoi j’ai quitté mon CDI à 30 ans, je vous partage mon retour d’expérience.

À vingt-sept ans, j’ai réussi. J’enchaîne les CDI depuis 7 ans.
Avec le célèbre contrat à durée indéterminée, j’ai pu acheter mon premier appartement, voyager et commencer à me faire plaisir.
J’ai toujours été en CDI, pour certains, c’est le Graal. Pour moi, il a parfois été synonyme de prison.
Pourquoi à 27 ans, j’ai déjà démissionné à 3 reprises pour recommencer à zéro ?

À dix-neuf ans, je rentre dans la vie active par la petite porte de l’alternance. Je ne sais pas exactement ce que je veux faire. J’apprends, je découvre le monde du commerce BtoB (Business to Business). Je jongle entre des cours professionnalisants et l’apprentissage en entreprise. Un bel exercice de style et surtout un premier contrat de 2 ans.

À 21 ans et un BTS en poche, je sais exactement ce que je veux professionnellement.
Etre en contact avec les clients, travailler dans un univers qui me plaît et surtout réussir.
Le monde de l’entreprise s’ouvre de nouveau à moi par le biais de l’alternance et sous la forme d’un CDI.
Dans cette aventure, je découvre la réalité de l’entreprise : la transparence, la bienveillance, la bonne humeur mais aussi le stress, la pression des chiffres et la concurrence.
Mais cela n’influence pas ma volonté de réussir.

À vingt-trois ans, mon Master 1 validé avec succès. Je poursuis dans cette entreprise. Prenant en charge de plus en plus de clients. Allant conquérir le monde des entreprises.
Je plane, survole les obstacles avec beaucoup d’insouciance.
Ma première année à plein temps est un succès, je progresse à vitesse grand V, je ne vois pas le temps passé. Je me passionne pour l’univers de la communication digitale.
A l’heure du bilan annuel, j’ai le sentiment d’avoir loupé quelque chose. D’être arrivé dans le monde de l’entreprise trop vite. De ne pas avoir vécu comme un étudiant, de ne pas avoir profité de cette période.
Je démissionne pour la première fois de ma jeune carrière !

À 24 ans, je pars à la découverte de l’Asie (Shanghai et Séoul), pour voir si l’herbe est plus verte. Pour découvrir une autre culture.
2 mois après mon départ, j’ai envie de reprendre le travail, j’ai le sentiment d’avoir assez profité.
De retour en France et m’appuyant sur mes découvertes asiatiques, je me lance dans ma première aventure entrepreneuriale.
J’analyse, je conçois, je structure et lance kuci : une belle marque de linge de bain made in France.
Campagne de financement participatif, soutien de personnalités politiques : les premiers chiffres sont encourageants mais…
Je m’ennuie chez moi. J’ai envie de pouvoir partager mes succès comme mes échecs avec des collègues.

Seulement 4 mois après ma démission, je reprends mon poste dans l’entreprise que j’avais quittée.
Sans période d’adaptation, je prends en charge toute la partie Business Dev et Fidélité de l’agence.
L’émerveillement revient, je travaille de nouveau dans le digital, je voyage et rencontre de belles personnes. C’est fun & pro.
Mon ambition me pousse à me surpasser. Je prends tellement de plaisir au travail, que j’en oublie presque ma vie de couple et mes amis.

À vingt-cinq ans et 7 ans de relation avec ma compagne, notre histoire s’effrite.
Je ne vis que pour mon travail. Il me permet d’oublier.
Nous nous séparons et je rebondis. Jonglant difficilement entre vie personnelle et professionnelle.
Mes objectifs atteints, j’ai le sentiment du devoir accompli. Mais je me suis oublié dans l’histoire.

À 26 ans, je démissionne à nouveau, sans vision, sans ambition. J’ai juste envie de prendre du temps pour moi et surtout du recul.
En moins d’1 mois, je trouve un job en CDI. J’y rencontre des personnes formidables. Je tisse des liens mais je ne m’épanouis pas dans cette (trop) grosse structure.
Encore en période d’essai, je préfère y mettre un terme que de poursuivre cette vie sans ambition.

Aujourd’hui, j’espère avoir trouvé ma voie.
Entre réussite sociale et bonheur.
Salaire et plaisir individuel.
Ambition et vie personnelle.