Dix minutes pour aller travailler

De mon domicile à Bolero, je mets en moyenne 10 minutes pour aller travailler.
Je pars de chez moi juste après l’heure de pointe, vers 8h45 pour seulement 4 petits arrêts de métro (pas même le temps de lire quelques pages de mon bouquin) que je suis déjà au bureau.
Aucune correspondance, pas (trop) de bousculades, pas de bouchons et même si le métro est en panne, ce qui peut arriver, j’ai presque le temps d’être à l’heure en y allant à pied.

Régulièrement en déplacement, à la rencontre de nouveaux clients, il m’arrive de passer plusieurs heures dans les transports en commun pour aller chez eux.
C’est souvent durant mes (longs) trajets que je prends conscience de la chance que j’ai.

En moyenne un Parisien passe 70 minutes / jour pour aller au travail et en revenir. Dans les autres villes, il faut compter approximativement 30 minutes / jour aller – retour.

Lorsque je commence ma journée par une heure ou plus de trajet, j’ai la sensation de perdre mon énergie, comme un téléphone à la recherche de réseau sur la ligne TGV Lyon – Paris.
Avant même d’avoir commencé à travailler sur mes dossiers, l’attente, le stress qui m’entoure capte une partie de mon tonus.
Dans cette course contre la montre matinale, je me retrouve parfois confronté à la vie de ceux qui perdent leur temps, leur énergie dans les transports.

Quand j’annonce que je mets 10 minutes pour aller au bureau, les gens considèrent que je suis chanceux.
En réalité, ce n’est pas de la chance, c’est clairement un choix personnel.

Trop souvent rétrogradé après le salaire, les avantages du CE, le type de contrat de travail ou la notoriété de l’entreprise.
La notion de proximité, de qualité de vie et de confort a toujours été un élément prioritaire dans ma prise de décision lors de mes changements d’entreprises.

Ce petit confort qui me permet de partir de chez moi au dernier moment, de passer chez moi entre 12h et 14h et même de donner rendez-vous à des amis dix minutes après avoir terminé ma journée. C’est un vrai plaisir.

Si je devais vous donner un conseil avant de démissionner pour le plus beau projet d’entreprise, pour la meilleure proposition salariale.
Avant de vous engager, prenez une matinée pour effectuer votre trajet domicile – futur travail en condition réelle.
Prenez conscience de ce qui vous attend cinq fois par semaine et durant les 3, 5 prochaines années.
Pensez à ce que vous pourriez faire de mieux avec ce temps, réfléchissez à ce que vous pourriez faire de cette énergie.

Sans fatigue et sans soucis, le travail deviendra un plaisir.
Citation de Paul Eluard ; Travail du peintre (1946)