Une journée presque comme les autres

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Il y a des jours comme ça, où tu as envie de croquer la vie à pleine dent,
où tu te dis, que tu vas passer une bonne journée et puis une sensation étrange,
semble te murmurer qu’un événement va bientôt se produire.
Comme si la vie avait besoin de calmer tes ardeurs.

Mardi 27 Juin, c’était une journée presque comme les autres.
Levé 6h, une bonne douche pour lancer ma journée, un espresso pour tenir dans la durée. Direction la gare, je saute dans le TGV n°6648, départ 7h34, arrivée estimée à 9h31 Gare de Lyon – Paris.
Avec une heure de retard sur l’horaire initial, j’arrive à quai. Avant de partir en rendez-vous, j’en profite pour aller au Coworking saluer mes collègues parisiens. Je traite 2-3 mails, passe quelques coups de fil, avant de me lancer sur l’A4 à bord d’une DS4. Direction Reims. La capitale du champagne, s’apprête à me réserver une mauvaise surprise.

Il est 16h05, quand après deux heures de discussion chaleureuse, je sors de rendez-vous, avec le sentiment du devoir accompli.
Durant cet échange, mon téléphone personnel, celui dans la poche gauche de mon jean s’est affolé.
Il a vibré, une fois, puis deux, sans que je m’en soucie plus que d’habitude.
En sortant des bureaux de mon interlocuteur, il pleuvait, alors je me suis précipité et réfugié rapidement dans ma voiture de location.
J’ai sorti mes téléphones machinalement, puis j’ai cliqué sur chacun d’eux pour découvrir ce qui m’attendait.
Sur mon mobile professionnel, rien de neuf, du travail.
Sur mon smartphone, au nombre d’appels et de messages vocaux, j’ai compris.

Mémé est morte aujourd’hui. Avant même de réaliser que je venais de te perdre, toi mon unique grand-mère. J’ai remarqué que du haut de mes 27 ans, je perdais une racine, une seconde source d’amour inconditionnel.

Maman est partie un mardi 27 Décembre, mémé un mardi 27 Juin.
Moi qui suis superstitieux, je ne sais que penser de ce triste symbole.

Il devait être 16h27 quand j’ai décidé de prendre la route pour Paris.
J’avais deux heures pour y penser, deux heures pour me souvenir de nos petits moments. J’ai sauté dans le TGV n°6689, direction Lyon.
Et comme si le sort ne s’était pas assez acharné contre moi durant cette journée, il en a profité pour s’appuyer sur l’orage et la pluie afin de ralentir la progression du train.
Avec une vingtaine de minutes de retard, j’arrivais enfin.
De retour dans mon cocon, je n’avais qu’une envie, m’endormir pour te retrouver, pour effacer cette journée.

C’était un jour presque comme les autres, une journée remplie de réminiscences.
Au final, il s’agit d’une journée de souvenirs, un second mardi 27.
Une date tout aussi éprouvante que la première. Un jour gravé, un jour sombre, humide et froid.