Ma petite attention de vacances

Membre actif du 100% digital, je suis parfois nostalgie de la grande époque de la carte postale. De ses belles années, où les plus belles trônaient sur le réfrigérateur, où les plus moches se cachaient dans les tiroirs de ma chambre…

J’adorais recevoir des cartes postales d’amis durant leur séjour.
C'était mon pouce bleu, mon j’aime, le snap de l'époque.

Aujourd’hui, la carte postale disparaît a petit feu des étales et des lieux touristiques. Moins populaire que les likes et commentaires Facebook sur nos photos de vacances.
Moins pratique qu’un MMS ou un post Instagram. L’instantanéité est devenu la norme.

Avant on prenait le temps d’aller chez le buraliste, de sélectionner le meilleur cliché pour son meilleur ami, pour son amoureuse… On en profitait pour s’acheter des cartes Pokémon et un paquet de bonbons pour joindre l’utile à l’agréable.
On réfléchissait des heures et des heures avant de se lancer et d’élaborer notre petit récit de vacances. La pression était à son comble au moment de prendre sa plume. Nous n’avions pas le droit à l’erreur !
Ensuite, il fallait lécher ce bon vieux timbre pour le coller directement sur la carte ou sur une belle enveloppe pour préserver la confidentialité des écrits.
Dernière ligne droite avant le départ de vacances, la carte postale devait trouver la boite aux lettres la plus proche pour commencer son périple dans la camionnette jaune du facteur.
On avait le temps de rentrer, de retrouver nos amis pour leurs raconter nos vacances que la carte n’était toujours pas arrivée à destination.
On disait toujours c’est l’intention qui compte.

Bientôt 20 ans que je prends mon plus beau stylo et que je couche quelques lignes sur le papier épais d’une carte postale.
Pourquoi ?
Parce que c’est charmant, parce que c’est plaisant, parce que c’est un luxe hors du temps. Le temps est passé mais j’ai gardé cette habitude, par respect pour ceux qui ne prennent aucun plaisir sur les nouveaux réseaux. J’ai gardé cette tradition, bien plus touchante qu’un magnet kitsch, un mug ou un Tobleron.

Cette coutume, je l’ai gardée pour te faire plaisir. Pour que tu puisses recevoir une lettre de temps en temps à la maison de retraite. Tu devais avoir un peu de mal pour déchiffrer mon écriture de vacances, mais tu pouvais t’en servir pour rendre jalouse les autres résidentes.
Je ne venais pas tout les jours te rendre visite mais je prenais toujours le temps de t’écrire quelques mots de mes aventures. Ça a toujours été ma plus belle attention.

Lors de mon dernier voyage à Malte, je t’ai envoyé comme à mon habitude une belle carte postale pour que tu puisses l’afficher avec les autres. J’espère qu’elle t’a fait plaisir et que tu as pu la faire trôner avec les autres.

Aujourd’hui et de là ou tu es, tu n’as plus besoin de mes cartes postales, mais si tu veux me donner ta nouvelle adresse, je t’en ferais parvenir d’autres avec le même plaisir.
Aujourd'hui, je pars de Corse mais je n'ai pas le goût de vous écrire une carte postale. Disons que ce sera l'exception.

Bonne route à toi.