Quand j’avais 11 ans, je suis allé au bout du monde

Je rentrais tout juste au collège.
Six mois plus tard, j’allais au bout du monde du haut de mes 11 printemps.
Pour la seconde fois de ma vie, je montais dans un avion, direction la Polynésie Française et l’île de Tahiti.
En y repensant aujourd’hui c’était une vraie folie surtout pour un petit gars de mon âge.

Mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour aller retrouver son meilleur copain.
Une première escale par Paris, suivi d’une seconde à Los Angeles.
Une journée complète, une nuit blanche et me voici sur l’île Reine de la Polynésie.

Durant les 24 heures de mon trajet, j’ai profité du temps qui m’était offert pour :
jouer à la Gameboy (Pocket), de lire Picsou Magazine, de contempler ma nouvelle Flik Flak, de rêver en regardant les nuages, de somnoler dans un Airbus.

Après un trajet merveilleux, j’ai pu poser le pied pour la première fois sur une île.
J’ai eu le droit à mon petit collier de fleurs de tiaré et à un superbe accueil. Après 24 heures de vol, j’avais toujours les yeux ouverts, contemplant la splendeur de Tahiti et de ses vahinés.

J’ai passé 14 jours sur l’île principale. Visitant le Tahiti des locaux, le marché de Papeete, ramassant des noix de coco sur la plage, jouant au beach soccer avec les autres enfants.
Dans la convivialité des trucks polynésiens (camion-bus) armé de mon Kodak jetable…

A l’époque le franc était sur le point de disparaître pour l’euro, à l’époque le numérique prenait le pas sur l’argentique. Nous n’avions que 10 heures sur notre abonnement Wanadoo. J’avais cassé ma tirelire cochon et mon livret A mais surtout je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais. C’était le temps de l’insouciance.

À l’heure où je tombe sur les quelques photos de cette aventure, je me dis que certains souvenirs résistent avec le temps.

Certains souvenirs se refusent à sombrer dans l’oubli, quels que soient le temps écoulé ou le sort que la vie nous ait réservé.

Haruki Murakami / Kafka sur le rivage

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